Auteur : H. Deligny
Publication : La Revue de Rouen
Article : Biographie Normande - M. C.-A. Lesueur
Date : Septembre 1842
Langue : Français

Si vous voulez citer cet article, voici les références bibliographiques :

H. Deligny, « Biographie Normande – M. C.-A. Lesueur », La Revue de Rouen sept. 1842 : 150-152.

ATTENTION : Ce document a été reproduit sans modification aucune et devrait être utilisé avec circonspection. Soyez conscient qu’il contient plusieurs erreurs factuels et historiques, et l’orthographe de certains noms est incorrecte.

Ritsert Rinsma (rinsma @ charles-alexandre-lesueur. org)


[La Revue de Rouen sept. 1842 : 150]

BIOGRAPHIE NORMANDE

 

M. C.-A. LESUEUR (1)

La section de l'Association normande, qui s'est occupée des pro­ductions artistiques en tous genres émises depuis le commencement du siècle, ayant aussi dans ses attributions l'examen des découvertes intéressantes faites depuis la même époque, je demanderai la permis­sion, sous ce double point de vue, d'ajouter à ce qui a été dit sur cet objet, quelques mots en faveur des immenses travaux d'un savant artiste qui mérite toutes les sympathies.

Je veux parler de M. C.-A. Lesueur, du Havre, collaborateur de François Péron, rédacteur du Voyage aux Terres australes.

On sait la riche collection d'objets d'histoire naturelle en tous genres qu'il rapporta de ce voyage, en 1805, et dont il dota la ville de Rouen.

Cuvier a rendu hommage aux travaux de ces deux naturalistes, en consignant, dans son rapport sur cette expédition, que l'immense col­lection dont ils enrichissent le Musée ouvre à la science la connaissance de ces familles d'animaux pélagiens que le pinceau de M. Lesueur a rendues d'une manière si vraie, et avec un talent si remarquable, parti­culièrement la famille des Médusaires, peu connue jusqu'alors. M. de Blainville, dans un Rapport comparatif des Expéditions d'outre-mer,

(1) Note communiquée à l'Association normande dans sa session tenue à Rouen, au mois de juillet dernier.

 

[La Revue de Rouen sept. 1842 : 151]

M. C.-A. LESUEUR


lu il y a quelque temps à l'Institut, a mentionné les travaux de Péron et Lesueur, et les résultats qu'ils ont produits, comme supérieurs à tout ce qui a été fait et produit depuis leur Voyage aux Terres australes.

Ce Rapport, qui laisse à notre compatriote tout le mérite qui lui ap­partient comme peintre et comme naturaliste, fait vivement regretter qu'il n'ait pas rencontré, pour compléter la publication des séries admi­rables de ses dessins, mollusques, poissons, etc., toutes les facilités que des expéditions plus récentes ont eu la chance d'obtenir ; et il est à craindre qu'une partie des travaux de ce savant ne soit pas publiée de long-temps.

A son retour de son dernier voyage d'Amérique, en 1837, M. Lesueur a offert à la ville du Havre, pour y fonder un Musée, une partie des collections qu'il en a rapportées.

C'est à cette époque qu'il a commence ses explorations dans le département de la Seine-Inférieure, où il s'est livré à l'étude des fa­laises du littoral et de l'intérieur, et aux recherches les plus inté­ressantes sur les stratifications qu'elles renferment.

Jusqu'à présent on n'avait tenu aucun compte des fossiles de la Hève ; M. Lesueur prouve, par la nombreuse collection de fossiles qu'il y a recueillis, combien est peu fondée l'opinion do nos voisins d'outre-mer, qui n'attribuent à ces falaises aucune richesse en ce genre. Si l'Association n'a point à s'occuper de ces découvertes, il n'est pas sans intérêt pour elle d'apprendre qu'elles ont fourni à M. Lesueur l'occasion de faire une série de dessins remarquables sous le double rapport de la vérité et de la finesse du travail. La publication de ces dessins, qui va être faite aux frais de l'artiste, sera aussi précieuse pour la science que curieuse pour l'amateur, auquel elle facilitera l'explora­tion des localités.

Il a fouillé la Hève sur tous les points ; plusieurs fois il a été sur­pris par des éboulemens partiels, et couvert de leurs débris.

Comme naturaliste et comme géologue, M. Lesueur a analysé toutes les altérations que la falaise a subies, et son habile crayon en a repro­duit deux profils du plus haut intérêt pour la science, et saisissans de vérité, qui sont la démonstration la plus claire de la compo­sition de ces terrains, et de la cause qui amène la chute de ces masses formidables.

 

[La Revue de Rouen sept. 1842 : 152]

BIOGRAPHIE NORMANDE


Parmi les nombreuses séries d'espèces de fossiles que M. Lesueur y a rencontrées, il faut citer, comme pièces les plus importantes de ces restes d'animaux anté-diluviens, un os énorme de la dimension de 0m 86 sur 0m 17 de diamètre à l'une de ses extrémités, qu'il suppose appartenir à une espèce gigantesque d'ichtiosaurus ou de Plesiosaurus ; la Nautile gigantea de 0m 33 de diamètre ; des Ammonites de 0m 60, etc.

Les œuvres de M. Lesueur offrent le plus grand intérêt, par la raison toute simple que les impressions qu'a reçues le savant nous sont transmises avec la plus consciencieuse fidélité par l'artiste habile, peut-être unique en ce genre, et que la vérité est la première condi­tion de mérite, dans un tel genre.

C'est donc sous le rapport essentiel de son talent artistique que j'ai cru devoir relater, devant l'Association normande, les titres d'un homme dont le pays s'honore, en disant quelques mots de ses travaux immenses.

Au moment même où le département de l'Allier vient d'appeler l'artiste savant, le vieillard, à l'honneur de présidera l'inauguration du monument élevé à la mémoire de François Péron, son ami, son compagnon de travail et de voyage, j'ai cru que cette communica­tion ne serait pas sans intérêt pour l'Association.

H. de LIGNY. (Rouen.)


H. Deligny, « Biographie Normande – M. C.-A. Lesueur », La Revue de Rouen sept. 1842 : 150-152.

Reproduction : Ritsert Rinsma (rinsma @ charles-alexandre-lesueur. org)


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